Les conséquences de l’altitude sur la végétation

Les effets de l’altitude entrainent des réactions particulières pour les végétaux. Face à des conditions climatiques rudes, la nature est dans l’obligation de s’adapter.

Mais d’abord, pourquoi le froid s’accentue avec l’altitude ?
L’air moins dense et plus pur, car moins chargée en CO2 et en poussières atmosphériques, n’assure qu’imparfaitement son rôle de frein thermique. L’effet de serre de l’atmosphère étant alors quasiment nul, la déperdition de la chaleur sera intense la nuit.
A cela s’ajoute également la raréfaction de l’humidité de l’air qui ne permet pas à l’air de se réchauffer le jour autant qu’en plaine :
A 2000m la teneur en eau de l’air est diminuée de moitié
A 3000m la teneur n’est que d’un tiers par rapport à la plaine
A 4000m plus qu’un quart
Cela entraine par conséquence un abaissement régulier de la température moyenne de l’année qui peut être chiffré à 5.5°C pour 1000m d’élévation – soit 0.55°C tous les 100m de dénivelé – auquel répond fidèlement l’étagement de la végétation.
Avec l’altitude le gel devient un fléau, quelles sont ses conséquences ?
A 1500m les températures annuelles sont positives pendant 7 mois
A 2000m plus que pendant 6 mois
A 3100m il y a 313 jours de gel
Au dessus de la limite forestière, le nombre de nuits gelées augmentent considérablement. L’isotherme annuelle 0°C qui correspond au niveau de congélation, se situe dans les Alpes françaises à 2600m.
Le gel entraine une diminution d’hydratation pour les plantes car il bloque l’eau du sol et déchausse les racines, les plantes n’ont donc pas une crainte de mourir de froid mais de soif. Pour s’adapter, les plantes ont alors développé un faciès de la flore des régions arides.
L’élévation en altitude entraine donc un abaissement de la température, une augmentation de la durée d’enneigement et par conséquence une réduction de la période de végétation (6 à 7 jours en moins tous les 100m d’élévation). Les chênes et hêtres ont besoin d’une période de végétation de 5 mois, un mélèze ou un boulot de 3 mois, voilà pourquoi ont ne peut les rencontrer à la même altitude.
Quelles sont les conséquences du vent ?
Avec l’altitude, le vent s’accroit. Entre 6000m et 10000m les vents libérés de leur contact avec la rugosité de la surface terrestre peuvent déchainer leurs forces. Si ces vents s’abaissent ils peuvent rentrer en collision avec la haute montagne.
Les vents froids dans les cimes et les vents chauds dans les vallées, contribuent à la fois à l’élimination de la forêt et à l’assèchement des végétaux car ils aggravent la sécheresse de l’air et amplifient les morsures du froid.
Un vent continuel, en agitant les feuilles des arbres, en contracte puis décontracte les vaisseaux conducteurs des pétioles, ce qui induit un pompage de l’eau plus important et entraine la fermeture automatique des stomates des feuilles et qui à pour conséquence, l’arrêt de l’activité physiologique et donc de la croissance.

« Aucun arbre digne de ce nom ne pourra s’implanter sur des crêtes trop ventées »

Bernard Fischesser

Quelles sont les conséquences du soleil ?
L’intensité des rayons UV ralentit fortement la croissance verticale de la plante, mais permet une nutrition chlorophyllienne intense.
Cette assimilation chlorophyllienne favorise la surproduction de sucres (transformé en amidon par le froid) qui permet alors à la plante de mieux résister au froid et entraine en même temps une concentration élevée en pigments de la fleur.
En conclusion...
Les conditions de vie très particulières des plantes d’altitude, vont ainsi entrainer une adaptation physique et morphologique afin de leur permettre d’y survivre :
- Exaltation des propriétés nutritives et aromatique.
- Exubérance des fleurs plus colorées.

- Réduction de la tige et des feuilles (nanisme) et adaptation des plantes en coussinet ou par pilosité.

- Développement exceptionnel des organes souterrains (au Tibet à 2800m les racines représentent 63% de la masse végétale, alors qu’à 4500m, celles-ci représenteront 97%).

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