Qu’est ce qu’une tourbière?

Milieu très fragile, la tourbière abrite des espèces très particulières et peu communes.

Nos tourbières existent depuis près de 14 000 ans, c'est-à-dire depuis le début des fontes des glaces. Elles ont commencé à se former dans des zones creusées par les glaces, dans un relief imperméable permettant de retenir l’eau, où la présence de conditions climatiques humides et de précipitations étaient importantes.

De quel type d'écosystème s'agit-il?
Composées principalement de sphaignes et d’autres végétaux appréciant l’humidité, elles ont pu s’y développer et s’accumuler au fil des siècles en formant un matelas végétal. Ces milieux, propices au développement de microclimats, sont uniques par la diversité des espèces qui y habitent.
Tout comme des éponges, les tourbières ont une grande capacité d’absorption et de filtration ce qui leur permet de contenir une quantité impressionnante d’eau et donc alimenter tout au long de l’année la vie végétale. Ainsi, lors des fontes des neiges ou lorsque les pluies intenses se déversent, les tourbières limitent les risques de crues ou d’inondations.
Utilisée comme combustible, la tourbe était autrefois exploitée à des fins de consommation familiale. Elle était aussi utilisée pour le jardinage mais fut depuis remplacée par du compost et du terreau de feuilles.
Leur temps de formation, environ un siècle pour quelques centimètres de tourbe, en fait un milieu très fragile. Aujourd’hui ces écosystèmes sont pour la plus part protégés par différents outils de protection de l’environnement car ils représentent pour des espèces, souvent menacées, des zones de refuge.

En effet, ces milieux très particuliers y abritent des espèces végétales et animales extrêmement spécialisées. Il existe environ 250 espèces floristiques dans les tourbières, dont 1/10ème sont protégées régionalement ou nationalement. La plus connue est une plante carnivore : la Droséra. Malheureusement, aujourd’hui comme hier, ce sont les drainages qui mettent le plus en danger les tourbières.
L’absence d’éléments nutritifs dans le sol a rendu obligatoire la recherche de stratégies d’adaptations pour tous ces végétaux. Par exemple, les Droséra se nourrissent d’insectes attrapés au vol, les Utriculaires se nourrissent quant à elles de petits invertébrés qu’elles capturent dans l’eau à l’aide de leurs racines. D’autres espèces, comme la Canneberge ou l’Andromède ont pu s’adapter en s’associant à des champignons pour absorber de l’azote.
Les particularités du fonctionnement des tourbières constituent des laboratoires d’observations et d’études des conditions écologiques. Les tourbières constituent aussi des archives de données qui nous informent sur l’évolution des climats depuis la fin de la dernière ère glaciaire grâce à l’étude des pollens qu’elles renferment.

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